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Rupture de contrat entre Wari et Tigo

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Le groupe Wari aurait échoué dans les négociations avec le groupe Milicom pour le rachat de l’opérateur Tigo. Dans la foulée, le groupe Millicom a également annoncé la signature d’un nouvel accord avec cette fois-ci le groupe Teyliom Telecom, NJJ et Sofima.

Le groupe Millicom a rendu public lundi sa décision de mettre fin à l’accord de cession de sa filiale au Sénégal, Tigo, au groupe Wari. Cette plateforme digitale de services financiers devait acquérir pour 129 millions de dollars l’opérateur mobile Tigo, deuxième opérateur du pays avec près de 4 millions d’abonnés. L’annonce du rachat avait été faite en février 2017.

Un désaccord à l’origine de la rupture du contrat

La cause de cette rupture de contrat ? Plusieurs pistes sont avancées. Il existait tout d’abord un désaccord semble-t-il entre le PDG de Wari, Kabirou Mbodj et ses partenaires financiers, la United Bank for Africa et la société Impaxis. Ces deux sociétés réclamaient des participations au capital, une demande rejetée par Mbodj. De son côté, Mohamed Dabbour, directeur général de Millicom Afrique, avance une autre raison : “Pour que la vente soit conclue, il faut qu’il y ait un transfert d’argent. Or, ce transfert n’est pas fait. Conformément au contrat qui nous liait, nous avons le droit de rompre le contrat si le paiement ne se fait pas”. Le groupe Wari avait jusqu’au 2 juin pour réaliser ce transfert de fonds, date à laquelle Millicom pouvait ensuite exercer son droit à rompre le contrat.

Les conditions de l’annulation restent confuses, mais il est possible que celles-ci soient dues au flou qui entoure le financement du groupe Wari.

Une décision rejetée par Wari

Autre son de cloche du clan Wari : le groupe évoque son étonnement face à cette remise en cause du rachat et interpelle les autorités sénégalaises. Dans un communiqué, la société rejette cette décision : “Conformément au contrat de vente qui les lie, Wari a respecté tous ses engagements dans le cadre de l’acquisition du deuxième opérateur de téléphonie sénégalais, en payant le déposit initial de 10 millions de dollars et en conduisant une due diligence contractuelle de 9 mois (étude de tous les aspects commerciaux, légaux, financiers et techniques de Tigo) qui devait déboucher sur un paiement du reliquat au plus tard le 02 Novembre 2017“. Un argument balayé par Mohamed Dabbour qui avance que la due diligence s’effectue toujours avant toute signature de contrat.

Dans le même temps, Milicom a aussi annoncé la signature d’un nouvel accord avec le consortium composé du Groupe Teyliom Telecom (Yerim Sow), NJJ (Xavier Niel), et de Sofima (géré par le Groupe Axian et appartenant à la famille Hiridjee). Ce qui n’a pas manqué de faire réagir Wari.

Le groupe a en effet fait savoir que le groupe Free (Xavier Niel) et Axian (Hassanien Hiridjee) l’avait à plusieurs reprises démarché pour acquérir Tigo : en lui proposant un chèque et des parts en échange d’un désistement dans la course au rachat de Tigo. Même après la signature du contrat, Free et Axian se seraient proposés comme partenaires techniques en échange du rachat de l’opérateur mobile moins cher et contre 5 à 10 % de parts sociales à Wari. Une proposition que ce dernier avait refusée.

Kabirou Mbodj entend bien recourir à la justice si aucun accord n’arrivait à être conclus.

 

 

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