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« Pères » Dak’art OFF : des photos pour donner une place aux pères sénégalais

Le OFF de la Biennale de Dakar, propose une multitude d’évènements dans tout Dakar jusqu’au 2 juin. Parmi eux, la très percutante et très réussie exposition « Pères » de la photographe espagnole Marta Moreiras. Les clichés, qui interrogent sur la place des pères dans la société sénégalaise, mettent en lumière des pères portant à l’africaine, c’est-à-dire sur leur dos, leur progéniture. Un projet artistique qui questionne le genre et bouscule les idées préconçues. Faites vite, plus que quelques jours avant le décrochage !Marta Moreirasdes milliers de photos de mamans africaines avec leur bébé dans le dos, mais aucune d’un homme dans la même situation J’ai réalisé que je contribuais à perpétuer ces stéréotypes malgré moi. J’ai donc voulu changer celaen cassant ces clichésproblème d’image et de représentation des hommes interroge sur leur place en tant que pères. les pères s’impliquant de plus en plus dans l’éducation de leurs enfants,

« Où sont les hommes dans cette problématique ? Ils sont souvent oubliés. Or je pense qu’il est essentiel de les inclure en les éduquant. Car sans changement de leur part, rien ne sera possible, les schémas se reproduiront sans cesse malgré la bonne volonté des femmes. Cela créera même de la frustration »

Plusieurs hommes portent leur enfant de cette manière (dans le dos) chez eux », rôles bien définis pour chaque sexe« il est hors de question pour eux de sortir dans la rue ainsiIls portent toujours leur enfant dans les brastruc de femmeles photographier dans leur quartier au cours d’une petite balade.Je ne voulais pas juste les faire poser dans la rue. Le but était de leur faire expérimenter ce que vit une mèrequ’ils se déplacent avec le bébéQu’est ce que les gens vont penser ? Tout le monde va rire, c’est un truc de femmeJe suis connu moi ici ! Parmi les papas, 3 avaient l’habitude donc ils savaient comme nouer le linge pour ne pas que le bébé tombe. Pour les autres, ils craignaient que le petit ne tombe !la mixité et le métissage de la société sénégalaiseLes pères étaient applaudis, encouragés. Les retours étaient très positifs. Certaines femmes, perturbées, ont aussi proposé de porter le bébé à la place du père et demandé où était la maman ! 

« Cette image n’existait pas d’où la difficulté de créer quelque chose d’inconnu et percutant. Il fallait interpeller pour entrainer une réflexion, un débat nécessaire. Il y a une démarche réfléchie derrière cette série de clichés puisqu’elle soutient l’égalité des genres sans volonté d’offenser mais en provoquant par le biais de l’humour »

casser les stéréotypes et ouvrir une petite fenêtrecar ils ont la capacité de faire changer les chosesaccessible au plus grand nombreùsur la corniche Ouest, sur les murs de l’Ambassade d’Espagnel’AECIDCultura DakarInstituto CervantesEUNICEuropean Union National Institutes for Culture). Certaines mamans n’étaient pas au courant que leur mari avait participé à ce projet. Elles ont été ravies de cette découverte !engagement pour que les femmes puissent prendre leur place dans la société en les aidant avec les enfants.

Corniche Ouest, Ambassade d’Espagne jusqu’au 31 mai 2018
Le laboratoire Agi’Art expose aussi dans le cadre du IN de la Biennale quelques clichés de l’exposition « Pères » jusqu’au 2 juin 2018.

A propos Clémence Cluzel

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