A l’occasion de son concert prévu ce vendredi 17 novembre au Just4U, Nouvelles de Dakar a rencontré Majnun, artiste « fou », dont le premier album « Kindépili » est une invitation à une quête initiatique où l’art est un moyen d’éveil. Une fresque musicale, aux influences éclectiques, porteuse d’une poésie universelle. Embarquement pour le pays de la folie !

La musique prend de plus en plus de place. « Je sentais que j’étais en décalage avec les autres étudiants. Jouer de la musique me procurait un vrai bonheur, c’est ce que j’avais réellement envie de faire. J’ai mis du temps à l’avouer et à l’assumer, surtout face à la famille. J’avais aussi besoin de ces années pour me convaincre et pourvoir le revendiquer », raconte le natif de Niodior (Saloum). Désormais sûr de lui, il décide de stopper les études pour s’y consacrer. La dissolution du groupe en 2009, le pousse à se lancer dans l’aventure solo. Accompagné par d’anciens musiciens de « Waliyaan » et de nouvelles recrues, il écume les salles de concerts, principalement du côté d’Orléans ou il vivait jusqu’à présent.
» Il faut être fou pour emprunter une autre voie que celle de la raison.. »
glisse malicieusement celui dont le nom de scène, inspiré de la littérature soufie, signifie justement « le fou ». Chaque chanson de l’album est pensée comme autant d’étapes à franchir pour atteindre la liberté. Elles sont aussi le moyen d’aborder des questions existentielles fortes : amour, mort,… « Ces sujets font écho à chacun de nous. On a tous été confronté à un moment donné à ce genre d’interrogations. La spiritualité est sous-entendue de manière à ce que chacun la ressente et se l’approprie selon sa sensibilité.», détaille t il.
Fil conducteur, l’universalité se ressent également par l’éclectisme musical de l’album. « J’ai voulu me décoloniser de l’influence américaine de mes jeunes années pour m’abreuver d’autres inspirations » dit celui qui est accompagné par sept musiciens. Afro-blues, jazz, rumba congolaise, … « Kindépili » est une fresque musicale puisant ses racines dans des univers variés. Majnun parle d’ « afro cosmopolitan music » pour définir son style, mais en réalité, celui-ci est bien trop inclassable, situé au carrefour de plusieurs influences. Une variété également présente dans les langues : « J’avais envie que le langage soit cohérent. Qu’il soit lui aussi dans cette diversité et universalité. Finalement la langue est devenu un élément musical à part», souligne le musicien qui parsème ses textes de mots en wolof, portugais, swahili, lingala, portugais,…
Auto-produit, sorti de façon assez confidentielle en 2015, l’album n’est vraiment distribué à plus grande échelle qu’en mai 2017. « Je voulais auto-produire pour ne pas avoir à m’aligner sur ce que les labels désirent. Cela te permet de conserver toute ta liberté artistique.Tu n’es pas contraint de faire de la musique formatée et de rentrer dans la case qu’on a taillé pour toi » appuie Majnun. « Kindépili » est distribué via des plateformes digitales et disponible physiquement sur demande.