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La bonne nouvelle de Dakar : bientôt un poste de secours à Ngor

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Le premier poste de secours devrait voir le jour d’ici peu sur la plage de Ngor. Une bonne nouvelle pour les maîtres nageurs-sauveteurs qui vont enfin avoir un espace de travail. 

Plage de Ngor / Photo D.R

Dakar se caractérise en partie par la richesse de son littoral qui abrite quelques hauts lieux du farniente, les pêcheurs et leurs pirogues colorées ainsi que des sportifs, qu’ils soient sur le sable ou dans les vagues. Un bord de mer chargé donc. Le hic, c’est que l’aménagement y est très sommaire et la surveillance quelque peu instable. Les maîtres-nageurs sauveteurs n’ont pas le matériel requis pour subvenir à tous les dangers que présente la fréquentation des plages…

A cet effet, la municipalité souhaite améliorer l’attractivité de son bord de mer. Dans un rapport de 2016 sur la gestion des plages dakaroises, la ville de Dakar exprime sa volonté d’aménagement des plages pour des raisons de sécurité ainsi que d’attractivité touristique. Dons, formations de maîtres-nageurs ou encore mise en route de projet à l’échelle locale, “dans le cadre d’une coopération bilatérale, la ville de Marseille se propose d’appuyer et d’accompagner la Ville de Dakar dans l’Aménagement et la Gestion des plages à sa charge,” résume le rapport. 

D’ici peu, la plage de Ngor se verra ainsi accueillir le premier poste de secours sénégalais. Un projet test pour la ville et le pays, toujours en collaboration avec la municipalité de la cité phocéenne. “À Marseille, nous nous sommes imprégnés de la gestion de la qualité des eaux, ainsi nous avons adopté différents axes à suivre pour développer notre action sécuritaire sur les plages. Marseille est un modèle, on y a appris comment délimiter une zone de baignade ou encore comment indiquer à la population si la baignade est autorisée ou non”, explique El Hadji Amadou Dieng, Chef du bureau des opérations d’urbanisme, à la direction du développement urbain (DDU).

Amélioration des conditions de travail

Le nouveau poste de secours comprendra un espace de surveillance officiel, soit une chaise haute, car il faut dire qu’actuellement les maîtres-nageurs sont placés sur les plages de façon très désorganisée et surtout, ils ne sont pas reconnaissables. Il y aura également une salle de soins ainsi qu’un espace de rangement pour stocker le matériel. Une organisation qui risque d’améliorer de loin les conditions de travail des sauveteurs quelque peu précaires à l’heure actuelle. “Aujourd’hui, on ne distribue le matériel dont nous disposons qu’au compte goutte car aucun sauveteur n’a de local pour le stocker.” (défibrillateurs, bouées, palmes, masques, tubas, gilets de sauvetage, ndlr).

Tout est bouclé.d’un moment à l’autre la construction devrait être lancée”,

assure Amadou Dieng

Le littoral dakarois dispose de 26 plages, dont 15 sont autorisées à la baignade et 11 en sont proscrites. Chacune d’elles, même celles où la baignade y est interdite est supposée être surveillée par des maîtres-nageurs. Au total, 120 personnes sont employées par la mairie d’après le rapport de gestion des plages de 2016. Alors pourquoi a-t-on choisi la plage de Ngor ? “Tout simplement car c’est précisément sur cette plage que l’on retrouve un mélange de tous les risques liés à l’océan : les baigneurs se mélangent aux pêcheurs et leurs pirogues à moteur et il y a une grosse fréquentation de sportifs également”, souligne El Hadji Amadou Dieng.

Une nouvelle qui ne convient pas à Mamadou, sauveteur sur la plage de BCEAO, employé par la mairie depuis 1993, qui considère que “la plage de Yoff est la plus fréquentée et la plus dangereuse de la ville, notamment à cause des baïnes”. Le couac. La plage fait partie des 11 plages non-autorisées à la baignade par la mairie. Il n’empêche que Mamadou ne comprend pas pourquoi il a si peu de moyens pour son poste de secours qu’il essaye d’alimenter avec son argent ainsi qu’avec des dons d’amis étrangers.

Cependant, si la fréquentation de la plage de Yoff ne diminue pas et que l’on y recense beaucoup de noyades (10 en 2016), c’est aussi parce que la population sénégalaise n’est pas encore vraiment éduquée aux risques du milieu nautique et ne connaît pas les signes préventifs, tels que la couleur des drapeaux autorisant la baignade ou non… C’est pourquoi “depuis 2 ans, juste avant l’été, nous organisons une vaste campagne de publicité pour signifier à la population l’importance des maîtres-nageurs sur les plages ainsi que le respect de la règlementation en matière environnementale et sanitaire”, explique Biram Mbaye Seck, juriste spécialisé en gestion des collectivités locales, en aménagement, décentralisation et développement territorial pour la ville de Dakar.

Par ailleurs, les travailleurs de la DDU reconnaissent que leurs effectifs manquent de formation mais aussi pour certains de volonté. Un problème qui serait lié, d’une part à la prime de risque quasi inexistante et à leurs conditions de travail. Des questions que El Hadji Amadou Dieng et Biram Mbaye Seck ont fait remonter aux décisionnaires de la mairie.

En espérant que d’ici quelques années le poste de secours de Ngor se soit multiplié à Dakar et à travers le Sénégal et qu’il ne soit plus qu’une jolie baraque en bois qui décore le paysage, façon Malibu.

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